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Université de Montréal Département de chimie

Présentation

Le Département compte actuellement 36 professeurs réguliers, plus de 240 étudiants de 1er cycle, près de 200 étudiants de 2e et 3e cycles, une cinquantaine de stagiaires post-doctoraux et autant d'employés (secrétaires, techniciens et techniciennes, personnel de soutien). Le Département offre également des cours de service auprès de 400 étudiants, soit en sciences biologiques, en biochimie, en toxicologie et en pharmacie.

Pavillon Roger Gaudry

Histoire du Département de chimie

Ce précis de l'histoire du Département de chimie de l'Université (1920-1995) a été préparé dans le cadre des célébrations du 75e anniversaire de la fondation du Département, par le professeur émérite Jean-Claude Richer.

Création de l'UdeM, de la Faculté des sciences et du Département

Évolution du cadre administratif et physique

Le 14 février 1920, la loi constituant en corporation l'Université de Montréal comme entité juridique distincte de l'Université Laval est sanctionnée. Elle prévoit l'existence d'une Faculté des Sciences qui restait toutefois à créer. Malgré les problèmes de matériels pressants auxquels l'institution doit faire face à la suite de l'incendie catastrophique (premier incendie des locaux de la rue Saint-Denis) qui, le 22 novembre 1919, a ravagé trois étages des locaux de l'Université (détruisant des salles de cours et les laboratoires de chimie, de bactériologie et de physiologie de la faculté de médecine), le conseil exécutif, à l'occasion de sa dixième réunion, tenue le vendredi 4 juin 1920, sur proposition de Mgr le Recteur, décide unanimement de recommander à la Commission des études la création d'une Faculté des Sciences, ...  (PVCEXUM, 1920.06.04)

À la réunion du 17 juin 1920 de la Commission des études, il est résolu:

  • ...Qu'une faculté des sciences pures....soit créée et organisée;
  • Que les nominations des professeurs de ces nouvelles facultés soient faites par le Comité exécutif sur recommandation de Mgr le Recteur;
  • Que les premiers professeurs, ainsi nommés, constituent les conseils respectifs des nouvelles facultés;
  • Que l'Exécutif prenne les moyens d'ordre pratique pour assurer l'organisation des facultés. (PVCEUM, 1920.06.17)

Le 9 août 1920, Mgr. le Recteur préside une réunion à laquelle il a convoqué le révérend père Louis Joseph Morin, c.s.v. (ci-après appelé père L. J. Morin, pour le distinguer du père Léo Morin, c.s.c. qui sera plus tard professeur de géologie à la Faculté des sciences), monsieur Arthur Léveillé et le Dr. Georges Hermyle Baril (ci-après appelé Dr. Baril). Il leur fait d'abord part que le Docteur Ernest Gendreau (ci-après dénommé Dr. Gendreau), absent en Europe, a été pressenti au sujet des questions qui doivent être étudiées et qu'il a donné d'avance son consentement aux décisions qui seraient prises.

L'ordre du jour de la réunion comporte:

  • L'élection du doyen de la Faculté des sciences;
  • L'élection du secrétaire;
  • La nomination des professeurs;
  • L'étude préliminaire du programme d'études (PVCFSUM, 1920.08.09).

Le père L. J. Morin est élu doyen et le Dr. Baril est élu secrétaire. Mgr. le Recteur présente ensuite la liste des professeurs. Les professeurs titulaires: le père L. J. Morin (professeur de chimie générale, physique et minérale), le Dr. Baril (professeur de chimie organique), le Dr. Gendreau (professeur de physique, même si le procès-verbal de la réunion indique, par erreur, professeur de chimie) et monsieur Arthur Léveillé (professeur de mathématiques qui deviendra, à partir de 1923, vice-doyen et succédera au père L. J. Morin comme doyen); les professeurs agrégés: monsieur Hervé Nadeau (maître de conférence et des travaux pratiques de chimie), le Frère Marie-Victorin (professeur de botanique théorique et pratique) et monsieur Adhémar Mailhiot (professeur de minéralogie théorique et pratique); le chargé de cours, le Dr. Élie Asselin (chargé du cours de biologie théorique et pratique).

L'étude préliminaire du programme d'études fait ressortir que les enseignements s'adresseront: 1. Aux étudiants en médecine et aux candidats au P.C.N.; 2. Aux candidats postulant les différents certificats de la licence ès sciences; 3. Aux élèves libres qui désirent poursuivre des études sur une matière en particulier, sans postuler un grade universitaire (PVCFSUM, 1920.08.09).

La Faculté des sciences est finalement créée; elle comporte un Département de chimie et son premier directeur est le père L. J. Morin qui sera aussi nommé directeur des études de la nouvelle Faculté ( PVCFSUM, 1920.09.17). Les cours de la nouvelle faculté débutent le jeudi, 7 octobre 1920. Parmi les premiers étudiants, on retrouve monsieur Paul Cartier qui, après avoir terminé ses études, se joindra au corps enseignant du Département et y fera carrière jusqu'à sa retraite.

Les fondateurs ont réussi ce tour de force important en huit réunions du conseil de la faculté. À partir de cette date, les réunions régulières du conseil ont lieu le deuxième lundi du mois.

Le document annonçant la fondation de la Faculté, publié en septembre 1920, indique que la Faculté décernera des grades (doctorat ès sciences; licence ès sciences; certificats d'études supérieures et certificat de P.C.N.) et des attestations d'études supérieures.

Ce document précise que la Faculté des sciences est fondée dans le but d'offrir à la jeunesse les moyens d'acquérir en sciences une formation générale supérieure. Elle sera un foyer de préparation pédagogique pour les professeurs de l'enseignement supérieur et de l'enseignement secondaire classique et moderne. À ceux qui se destinent à la grande industrie chimique et qui se sentent attirés vers les recherches scientifiques, elle fournira les moyens d'atteindre à une haute culture scientifique. Enfin, elle préparera ceux qui désireront concourir pour l'obtention des bourses de recherches instituées par "The Honorary Advisory Council for Scientific and Industrial Research of the Dominion of Canada" (PVCFSUM 1920.08.31)

Les programmes d'études sont calqués sur ceux de France, tant pour les études prémédicales que pour la licence ès sciences qui est décernée après avoir obtenu trois certificats. Cette licence peut être homogène si le candidat a obtenu au moins deux certificats dans le même domaine. Le programme de la licence ès sciences en chimie est établi de façon à satisfaire aux exigences du "Canadian Institute of Chemistry" qui pose comme condition d'admission "que les candidats justifient de la possession d'un diplôme d'une université reconnue comme donnant un cours de trois ans en chimie ou en sciences et prouvant que la chimie pure et appliquée a été le sujet principal de leurs études" (PVCFSUM, 1920.09.14).

Sans en exagérer l'importance, il est toutefois nécessaire de mentionner l'influence de la Fondation Rockefeller sur la création de la Faculté des sciences. En effet, cette fondation qui subventionnait, après une évaluation serrée de leurs besoins, les écoles médicales nord-américaines qui acceptaient de se soumettre à ses directives (HFMUM, page 185), a accordé des subventions importantes à l'Université de Montréal en les assortissant de certaines conditions, dont celle d'organiser un enseignement scientifique prémédical.

Ces conditions ont permis de débloquer des budgets appropriés, tel qu'en font état les extraits de procès-verbaux suivants:

  1. La collaboration avec la Faculté des sciences pour les laboratoires de chimie, de physique et de biologie destinés aux élèves en médecine de première et de deuxième année étant exigée par l'Institut Rockefeller comme condition de dons annuels importants que cette fondation se propose de faire à notre faculté, le conseil accepte le partage de son allocation avec la Faculté des sciences ... (PVCFMUM, 1920.06.10)
  2. La Faculté de médecine est autorisée à donner l'assurance à la Fondation Rockefeller que l'Université mettra à la disposition de la Faculté de médecine et de la Faculté des sciences pures une somme de $70 000,00 pour la formation scientifique en physique, chimie et biologie de leurs candidats. (PVCEXUM, 1920.06.11).
  3. Afin que certains professeurs de la Faculté de médecine soient rémunérés à même le fond Rockefeller attribué pour l'année prémédicale, il est résolu, après entente avec le Comité Exécutif, que les professeurs ci-dessous désignés passent au budget de la Faculté des sciences (PVCFSUM, 1920.11.08).
  4. La présente réunion est convoquée à la demande de Monseigneur le Recteur pour étudier d'une façon toute particulière le budget ... et le rendre conforme aux exigences de l'Institut Rockefeller, en prenant comme base le fait que la Faculté des sciences pourrait disposer d'une somme de $50,000 (cinquante mille piastres). (PVCFSUM, 1922.01.06)

Pour l'année 1921-1922, le budget total de la Faculté des sciences (salaires et fonctionnement) est de $34 940,00 dont $11 900,00 pour le Département de chimie sciences-médecines. (PVCFSUM, 1921.03.14).

L'ambiguïté de la situation du Département est bien exprimée dans un article du Dr. Baril, directeur de l'Institut, qui mentionne: Lorsque la Faculté des sciences fut fondée en 1920, il fut décidé que les cours de chimie minérale et de chimie organique de première année (de médecine) passeraient sous la direction de la Faculté des sciences et que seul l'enseignement des chimies physiologique et pathologique resterait au programme des études médicales. Pour des raisons d'ordre économique et pour des considérations d'espace, on décida que les laboratoires de chimie de la Faculté des sciences et ceux de chimie physiologique de la Faculté de médecine devraient cohabiter, tant que la situation financière de l'Université ne permettrait pas qu'il en fût autrement. Le professeur titulaire de la Faculté de médecine devint en même temps professeur titulaire à la Faculté des sciences.... Le Département de chimie prit donc, en 1920, le nom de Département de chimie sciences-médecine.... Ce n'est qu'en 1938 que le nom de Département de chimie sciences-médecine fut changé en celui d'Institut de chimie. (Dr. Baril, Action Universitaire, Vol. 11, pages 84-89, 1945).

Après vingt ans d'existence, le 14 octobre 1942, la Faculté des sciences prend possession de ses nouveaux locaux, dans l'immeuble du boulevard du Mont-Royal. Des salles de cours aussi nombreuses que spacieuses, ainsi que des laboratoires bien outillés, permettent aux étudiants d'acquérir une solide formation scientifique. (Annuaire 1946-47 de la Faculté des sciences). Dans ces locaux, l'Institut de chimie occupe présentement 32,000 pieds carrés de surface. (Dr. Baril, Action Universitaire, Vol. 11, pages 84-89, 1945). Cette expansion dans le nouvel immeuble contraste avec les conditions qui prévalaient rue Saint-Denis où chaque étudiant a exactement deux pieds de table par dix-huit pouces de profondeur à sa disposition. (Roger Barré, Action Universitaire, pages 7-9, février 1941)

Avec l'année académique 1945-46, c'est-à-dire au début d'un nouveau quart de siècle, la Faculté des sciences a modifié sensiblement son régime. ... elle organise son enseignement de façon à rendre ses diplômes plus facilement comparables (au point de vue équivalence) à ceux des universités de langue anglaise du continent nord-américain. La Faculté des sciences décerne le grade de B.Sc., après des études comportant diverses options (Annuaire 1946-47 de la Faculté des sciences).

De plus, grâce à un accord intervenu entre l'Université de Paris et l'Université de Montréal, les diplômes et certificats de la Faculté des sciences sont reconnus en France. Cette équivalence constitue un avantage immense pour nos étudiants à Paris (Annuaire 1946-47 de la Faculté des sciences).

En 1950, la Faculté de médecine crée un Département de biochimie sous la direction du Dr. Baril qui conserve ses fonctions de directeur du Département de chimie. Les cours de biochimie continueront à faire partie du curriculum du Département de chimie, mais à partir de cette période, ces cours seront offerts comme cours de service par la Faculté de médecine.

En août 1951, le Conseil (des gouverneurs) approuve l'autorisation donnée par le Comité exécutif aux officiers généraux à approcher officiellement monsieur Lucien Piché pour lui offrir le poste de directeur de l'Institut de chimie... (PVCGUM, 1951.08.23); celui-ci entre en fonction pour la nouvelle année académique.

La période qui s'étend de la création de la Faculté des sciences jusqu'à cette date peut, jusqu'à un certain point, être considérée comme la période des pionniers pendant laquelle la Faculté des sciences et le Département de chimie ont été a) fortement influencés par leurs promoteurs de la Faculté de médecine, b) orientés par l'organisation française des études et c) caractérisés par un maigre corps professoral dont les activités étaient dispersées. La deuxième période (s'étendant de 1951 jusqu'à l'arrivée du professeur Marchessault comme directeur du département, en 1969) a) consommera l'émancipation du département de la Faculté de médecine, b) complétera la réorientation du département vers les normes nord-américaines (les programmes avaient déjà été modifiés en 1945 et l'Institut de chimie deviendra Département de chimie à partir de 1958) et c) verra se mettre en place un important corps professoral de carrière à plein temps qui permettra un développement important des recherches fondamentales réalisées dans le département. Cette période peut être considérée comme celle de l'émancipation et de la modernisation.

Pour marquer le troisième quart de siècle, la Faculté des sciences sera sacrifiée aux intérêts supérieurs de l'Université et le département se retrouvera ainsi, à partir de 1972, dans la vaste Faculté des arts et des sciences. La croissance que le département avait connue dans la période précédente ralentira et ce quart de siècle peut être considéré comme celui de la croissance basée sur une rationalisation des acquis.

Aujourd'hui le département occupe environ 70,000 pieds carrés (6810 m2) et malgré les efforts consentis au cours des dernières années, la question d'espaces adéquats reste un problème majeur pour le développement physique du département (RAÉDCUM, page 46)

Il comprend 31 professeurs à temps plein, deux professeurs détachés à des tâches administratives, un professeur associé et un professeur émérite qui peuvent compter, pour les soutenir, sur quarante et une personnes ayant des fonctions de chimiste, commis, chef de laboratoire, secrétaire, ingénieur ou technicien en électronique, technicien en mécanique, technicien de laboratoire, souffleur de verre, secrétaire administrative, commis magasinier, agent de recherche ou autre.

Le département dispense de l'enseignement à plus de 500 personnes, dont 140 sont inscrites au niveau des études supérieures. On y retrouve aussi 50 postdoctorants venus de tous les coins du globe, attirés par la qualité des travaux effectués par nos professeurs.

Organisation du programme d'études et son évolution.

L'enseignement donné à la Faculté des sciences comprend la préparation aux certificats d'études supérieures ... La Faculté donne le grade de licencié ès sciences. La licence peut porter la mention, licence ès sciences chimiques. Pour obtenir cette mention, le candidat doit justifier d'au moins deux certificats se rapportant à la chimie, le troisième certificat étant de l'ordre des sciences mathématiques, physiques ou naturelles (Annuaire 1920-22 de la Faculté des sciences).

Pour être admis (immatriculé) aux certificats d'études supérieures, les candidats doivent détenir un B.A. ou un B.Sc. de l'Université de Montréal ou de l'Université Laval (PVCFSUM, 1920.08.09); le Conseil se réserve la possibilité d'accorder une équivalence aux candidats détenteurs des diplômes de l'enseignement secondaire moderne "lettres et sciences" ou "partie des sciences". (PVCFSUM, 1920.08.23).

En chimie, les certificats d'études supérieures en chimie générale (physique et minérale) et en chimie organique sont alors offerts. Toutefois, pour élargir le spectre de ces certificats, Il est proposé par le père L. J. Morin, appuyé par monsieur Léveillé, et résolu: "Qu'une chaire de chimie physique soit créée à la Faculté des sciences." (PVCFSUM 1921.03.02). À la demande de la Faculté des sciences, la Commission des études autorise cette faculté à créer une chaire de chimie physique (PVCEUM, 1921.05.21)

Et l'année suivante, à la demande de la Faculté des sciences, on crée dans cette faculté un certificat de chimie appliquée qui complétera le certificat de chimie minérale déjà existant. (PVCEUM, 1922.04.30). Ce certificat sera éventuellement transformé en certificat de chimie analytique.

Avec l'arrivée du professeur Jules Labarre, un certificat de chimie biologique sera inscrit à l'annuaire 1929-30 de la Faculté.

La première promotion, mai 1923, comprend deux licenciés ès sciences chimiques, messieurs Paul Cartier et Rosario Lavallée. Malgré les croyances populaires selon lesquelles les sciences n'attirent pas beaucoup la gent féminine, la seule licenciée ès sciences chimiques en 1924 est mademoiselle Doris Brophy. L'année suivante, le département décerne quatre licences ès sciences chimiques à messieurs Roger Barré, Armand Durocher, Jules Labarre (toujours vivant au moment d'écrire ce précis) et au Dr. Gaston Gosselin (qui avait antérieurement terminé ses études de médecine). Messieurs Barré et Labarre étaient tous les deux diplômés de l'école (devenue Faculté) de pharmacie; après avoir obtenu des doctorats de la Sorbonne, ils deviendront tous les deux professeurs au Département et à la Faculté de pharmacie.

Après vingt années d'existence, en 1940, la Faculté des sciences a décerné un total de 15 doctorats après soutenance de thèse, 31 maîtrises, 33 licences ès sciences générales, 64 licences ès sciences chimiques, 6 licences ès sciences mathématiques, 42 licences ès sciences naturelles et 4 licences ès sciences physiques. Ces données nous montrent que, à cette époque, les Instituts de chimie et de sciences naturelles (avec le frère Marie-Victorin) constituent les deux pôles d'attraction des étudiants intéressés par les sciences pures et que, parmi ces diverses sciences, les femmes sont plutôt attirées vers les sciences naturelles (pratiquement un quart de ses diplômés sont des femmes).

En 1945, au moment de la réorganisation des études, le Département offre donc les certificats de chimie analytique, biologique, générale (minérale), organique et physique.

À cette époque, il reçoit les élèves de diverses Facultés et Écoles qui lui confient l'enseignement scientifique requis pour l'obtention de divers grades professionnels (Annuaire de la Faculté des sciences 1946-47), de sorte que (pour le deuxième semestre de l'année 1945), l'Institut donne l'enseignement aux élèves suivants:

  • Chirurgie dentaire, première année............................... 56
  • Chirurgie dentaire, deuxième année.............................. 36
  • Diététique, première année............................................ 6
  • Diététique, deuxième année........................................... 9
  • Diététique, troisième année........................................... 7
  • Médecine, première année............................................. 125
  • Sciences:
    • P.C.B..................................................... 122
    • Préparatoire......................................... 97
    • M.P.C.N.................................................. 71
    • Chimie générale................................... 56
    • Chimie analytique................................ 14
    • Chimie biologique..................................2
    • Maîtrise................................................. 7
    • Doctorat................................................ 4

Au total: 612 élèves

À partir de 1945, la Faculté des sciences offre à ses étudiants un cours de quatre années d'études conduisant au grade de bachelier ès sciences (B.Sc.) sans mention ou général, si l'étudiant choisit un cours de culture scientifique générale, ou de bachelier ès science (B.Sc.) avec mention, si l'élève a poussé ses connaissances dans un domaine particulier.

Les bacheliers ès sciences de la Faculté peuvent ensuite, s'ils en sont jugés aptes, entreprendre des études et des recherches conduisant à la Maîtrise ès sciences (M.Sc.) et au Doctorat ès sciences (D.Sc. ou Ph.D.).

Dès la deuxième année du cours, B.Sc. II, l'étudiant exerce une première option, selon qu'il s'oriente:

  1. vers les sciences mathématiques, physiques ou chimiques,
  2. vers les sciences géologiques,
  3. vers les sciences biologiques,
  4. vers le B.Sc. prémédical ou préoptométrique.

À partir de la troisième année, l'orientation des études se précise d'avantage pour l'étudiant qui s'achemine vers le baccalauréat ès sciences avec mention. Il a le choix entre les six disciplines que représentent les six Instituts: mathématiques, physique, chimie, biologie générale et zoologie, botanique, géologie.

Celui qui ne recherche que le baccalauréat sans mention ou général, n'est pas astreint à un choix aussi précis. Il établit son programme d'accord avec la direction des études de la Faculté. (Annuaire 1947-48 de la Faculté des sciences).

À quelques modifications près, les étudiants de la Faculté vivront sous ce régime jusqu'à l'avènement des CÉGEP et l'éventuelle absorption de la Faculté des sciences dans la Faculté des arts et des sciences (F.A.S.).

La modification la plus importante sera celle par laquelle les détenteurs d'un B.Sc. général (avec orientation vers la chimie organique ou la chimie physique) pourront se qualifier pour être admis aux études supérieures.

Avec l'avènement des CÉGEP, la première année a été supprimée et, pour les futurs chimistes, la première année et le M.P.C. ont été formellement démantelée, même si la nouvelle première année comporte un bloc important de mathématiques et de physique. Les blocs années obligatoires ont fait place à la promotion par matière. De plus, sous l'influence de la F.A.S., des décloisonnements ont été entrepris.

Diplômés par blocs de cinq années

Années Diplômés
 
1924 2
1929 13
1934 8
1939 37
1944 33
1949 105
1954 40
1959 57
1964 64
1969 214
1974 252
1979 205
1984 200
1989 229
1994 192

Total: 1651 diplômés

Depuis la création du département, 1651 Licences ou Baccalauréats en chimie ont été décernés. Un examen de la distribution de ces diplômes en fonction du temps nous permet de réaliser que la période de la guerre a apporté un afflux de candidats et de diplômés. On peut noter la résorption dans la période qui se termine en 1954; elle est suivie par un accroissement continu du nombre de diplômés jusqu'à la mise en place des CÉGEP et la création de la F.A.S. Depuis, on peut considérer que, d'un point de vue de la clientèle étudiante et de la diplômation au niveau sous-gradué, la situation du département est stagnante.

Telle n'a pas été le cas pour la gent féminine. Le pourcentage de femmes recevant des B.Sc. est passé de 14 pour la période 1964-69, à 25 (1969-74), 33 (1975-79), 30 (1980-84), 44 (1985-89) et 45 (1990-94). La même tendance s'est manifestée au niveau de la maîtrise avec des pourcentages de 9, 13, 28, 33, 32 et 45% pour les mêmes périodes. Malgré d'excellents progrès au niveau du doctorat (9, 9, 7, 21, 21 et 27% pour les périodes correspondantes), la situation offre beaucoup d'opportunités pour l'amélioration.

Les études supérieures et leur évolution

Les règlements originaux de la Faculté prévoient qu'elle peut décerner le grade de Docteur ès sciences. Le candidat doit: 1) être porteur d'une licence de l'ordre du Doctorat postulé; 2) avoir consacré une année au moins à des recherches scientifiques dans les laboratoires de la Faculté, sauf pour les mathématiques; 3) soutenir une thèse contenant des recherches personnelles; 4) répondre à des questions posées par la Faculté trois mois à l'avance (PVCFSUM, 1921.03.30).

De plus, la Faculté pouvait demander à l'Université de décerner des grades honorifiques. Dès le 14 décembre 1921, l'Université décernera en séance solennelle un Doctorat ès sciences (honoris causa) au professeur Charles Moureu, membre de l'Institut, professeur au Collège de France et premier président de l'Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée qui a tenu sa première conférence en juin 1920; le Canada y a été admis à titre indépendant, alors que l'Australie, la Nouvelle Zélande et l'Afrique du Sud étaient représentés par l'Angleterre.

Par ailleurs, les procès-verbaux qui suivent montrent que le sens de responsabilité des doyens des nouvelles facultés (lettres et sciences) et école des sciences politiques, économiques et sociales ont permis d'éviter les abus qui auraient pu découler de déviations par rapport aux règlements acceptés.

Il est proposé par M. Jean Désy, appuyé par le Docteur Georges H. Baril et unanimement résolu que l'on confère, sur avis favorable des corps intéressés, les grades suivants:

  1. À Monsieur Édouard Montpetit, directeur de l'École des sciences sociales, économiques et politiques, le grade de docteur ès sciences sociales, économiques et politiques, ad eumdem (équivalence pour le diplôme de l'École libre des sciences politiques de Paris);
  2. Au chanoine Émile Chartier, doyen de la Faculté des lettres, le grade de docteur ès lettres;
  3. Au révérend père Louis-Joseph Morin, doyen de la Faculté des sciences, le grade de docteur ès sciences (PVCEUM, 1921.06.14)
Le secrétaire général rapporte:
  1. Qu'il a communiqué, pour approbation, aux facultés et à l'école intéressées, la résolution adoptée par la Commission des études dans sa dernière réunion, conférant le grade de docteur ès lettres à M. le chanoine Émile Chartier, doyen de la Faculté des lettres; le grade de docteur ès sciences au révérend père L.-J. Morin, doyen de la Faculté des sciences et le grade de docteur ès sciences sociales, économiques et politiques à M. Édouard Montpetit, directeur de l'École des sciences sociales, économiques et politiques.
  2. Que les dites facultés et école intéressées ayant délibéré lui ont fait part de leur décision:
1. La faculté des lettres, réunie le 17 octobre 1921, en est venue aux conclusions suivantes:

Pour donner à leur doyen une marque tangible de leur bienveillance, tous les professeurs ont tenu à signer la feuille qui réclamait pour celui-ci le doctorat ès lettres de l'Université de Montréal;

À sa demande, ils ont consenti cependant à ce qu'il ne soit pas donné suite à cette proposition parce qu'elle contredit la procédure régulière et ouvre la porte à des réclamations embarrassantes.

2. À la faculté des sciences, le révérend père L. J. Morin a fait part à ses collègues, réunis en séance, des observations que voici:

Le premier motif qu'on pourrait invoquer pour lui conférer ce grade de docteur serait l'équivalence de la licence ès sciences de l'Université de Paris qu'il possède. Il est d'avis cependant que l'octroi d'une telle équivalence est inopportune au moment où l'Université est à discuter toute la question des équivalences avec les universités françaises. En outre, il considère que la procédure suivie est irrégulière, comme n'étant pas conforme à la charte et aux règlements généraux de l'Université qui prescrivent que la recommandation aux grades universitaires doit venir des facultés et non de la Commission des études. Pour ces raisons et pour d'autres, il prie le Conseil de ne pas ratifier la décision toute pleine de bienveillance prise par la Commission des études. Après ces observations, le Conseil de la Faculté des sciences, tout en reconnaissant que de bons arguments pourraient être invoqués pour permettre au père L. J. Morin d'en agir autrement, s'est rendu au désir exprimé.

3. Réuni le 10 octobre 1921, le Conseil de l'École des sciences sociales, économiques et politiques ayant pris connaissance de la résolution adoptée par la Commission des études et conférant à son directeur le grade de docteur ès sciences sociales, économiques et politiques a considéré qu'il n'est pas opportun de s'y conformer. Il tient cependant à faire observer que le diplôme de l'École libre des sciences politiques de Paris n'a pas d'équivalent; que généralement il a plus de valeurs que certains doctorats et qu'il s'agit pour l'Université de la reconnaître tout simplement. Les diplômés de l'&Eacutecole libre des sciences politiques de Paris qui en feront la demande pourront devenir diplômés de l'École des Sciences sociales, économiques et politiques de Montréal, rien de plus. Un règlement déterminer a à quelles conditions ceux qui ont fait de pareilles études en Europe, pourront, après avoir présenté une thèse, aspirer au doctorat ès sciences sociales, économiques et politiques de l'Université de Montréal.

La Commission, après avoir entendu ce rapport, l'accepte et décide de ne pas donner suite à la proposition qui avait été adoptée à la dernière réunion. (PVCEUM, 1921.10.27).

La Faculté décernera ses premiers doctorats après soutenance de thèse en 1922 (Deux D.Sc., l'un au frère Marie-Victorin, É.C., et l'autre à monsieur Eugène Poitevin). Il n'y en aura pas d'autres avant 1933 alors que la Faculté décernera un D.Sc. et deux Ph.D, dont le premier ira à monsieur Fernand Corminboeuf pour des Recherches biochimiques sur le Yoghourt et le Lait acidophile alors que le deuxième sera remis à Jacques Rousseau après les incidents relatés dans le récent roman intitulé La thèse. (Robert Gagnon, La thèse, Montréal, Éditions Quinze).

En effet, à sa réunion du 16 janvier 1933, le Conseil de la Faculté des sciences a modifié les programmes des études supérieures et a créé les grades de M.Sc. et Ph.D.

Les conditions d'obtention de la Maîtrise ès sciences sont les suivantes:

  1. Possession d'une licence ès-sciences ou d'une équivalence de cette licence, accordée par la Faculté;
  2. Scolarité minima de trois ans après le B.A., consacrée à un complément de culture et à un travail de recherches aboutissant à la préparation d'une thèse, sous la direction des professeurs de la Faculté;
  3. Examens correspondants
Les conditions d'obtention du Ph.D. sont les suivantes:
  1. Possession d'une licence ès sciences avec distinction ou l'équivalence de cette licence;
  2. Scolarité minima de quatre ans après le B.A.;
  3. Préparation d'une thèse apportant des résultats originaux;
  4. Soutenance de cette thèse devant un jury nommé par le Conseil de la Faculté;
  5. En plus de la soutenance, la Faculté exigera du candidat l'exposé de quelques questions accessoires.

Il est décidé que le grade de DOCTEUR èS SCIENCES soit maintenu, mais il est réservé aux candidats qui ont fait preuve de mérites scientifiques exceptionnels...

Il est en outre résolu que le porteur du titre de docteur ès-sciences pourra, au besoin, se servir du titre de Ph.D. (à cause du crédit de ce dernier titre auprès des universités américaines). (PVCFSUM, 193 3.01.16)

Les premiers doctorats pour des études en chimie sont décernés en 1933 (Fernand Corminboeuf, Recherches biochimiques sur le Yoghourt et le Lait acidophile), 1937 (Joachim Delorme, Le manganèse et le fer dans les sucres d'érable et de canne et Pierre-Antoine Bérard, Contribution à l'étude de la vitesse d'absorption du gaz sulfureux par des solutions d'alcalinoterreux) et 1938 (Frère Hormidas, I.C., Le manganèse et le fer dans les conifères de la province de Québec). La Faculté en décerne un à Gérard Delorme en mai 1939 et un à Lucien Piché en mai 1940.

Le 12 juin 1933, sur recommandation du Dr. Baril, la Faculté des sciences décerne sa première maîtrise ès sciences à monsieur Lionel Lemay qui a présenté un mémoire sur les CONSTANTES CHIMIQUES DES CIRES CANADIENNES.

Avec les années, l'augmentation du nombre de professeurs à plein temps, l'augmentation des subventions de recherche et l'accessibilité de plus en plus grande aux études supérieures, le nombre de diplômés aux études graduées ira pratiquement constamment en s'accroissant, comme le montre le tableau suivant. On remarque encore une fois l'influence néfaste sur notre département des événements qui ont affecté l'enseignement au Québec et à l'Université de Montréal à la fin des années '60 et au début des années '70.

Diplômés par blocs de cinq années

Années M.Sc. D.Sc./Ph.D. Total
1920-24 * 0 0
1925-29 * 0 0
1930-34 1 1 2
1935-39 16 4 20
1940-44 14 5 19
1945-49 32 11 43
1950-54 14 18 32
1955-59 31 15 46
1960-64 31 19 50
1965-69 54 32 86
1970-74 82 55 137
1975-79 69 28 97
1980-84 67 29 96
1985-89 53 43 96
1990-94 83 48 131
Total: 547 308 855

* Le M.Sc. n'a été créé qu'en 1933

Pour l'année 1994-95, le département compte 70 étudiants inscrits au doctorat et 70 étudiants inscrits à la maîtrise.

Le corps professoral et son évolution.

Le département de chimie a été créé, dans les conditions décrites antérieurement, avec trois professeurs, le père L. J. Morin et le Dr. Baril comme professeurs titulaires et Hervé Nadeau comme professeur agrégé.

Les règlements de la Faculté des sciences relatifs au personnel enseignant stipulent que

Art. 17 Le personnel enseignant comprend:

  1. des professeurs titulaires;
  2. des professeurs agrégés;
  3. des chargés de cours.

Art. 18 Pour devenir titulaire, il faut d'abord faire preuve pendant cinq ans au moins, comme agrégé, d'une véritable compétence pédagogique et être nommé par le Conseil de la Faculté.

Art. 19 Pour devenir agrégé, il faut avoir enseigné comme chargé de cours durant cinq années consécutives.

Art. 20 Pour être chargé de cours, il faut avoir été choisi par la Faculté en remplissant les conditions qu'elle croira devoir imposer. (PVCFSUM, 1921.03.30)

Avec la création des certificats de chimie physique, on s'adjoindra successivement Jean Flahaut et Paul Riou comme chargés de cours.

Vu l'impossibilité pour un seul professeur de surveiller les travaux pratiques de chimie du P.C.N. et du certificat d'études supérieures, il est résolu: " Que l'engagement d'un assistant démonstrateur soit prévu a u budget de l'an prochain pour les laboratoires de chimie". PVCFSUM, 1921.03.02.

Pour le reste de la période des pionniers, on verra généralement la liste du corps professoral s'allonger par l'addition de diplômés qui auront été engagés après avoir effectué des études supérieures à l'étranger (comme Roger Barré (1929), Jules Labarre (1931), Léon Lortie (1931), Lionel Lemay (1937), Louis-Philippe Bouthillier (1941)) ou à l'Université de Montréal (comme Gérard Delorme (1931), Lucien Piché (1941), Joachim Delorme (1945)). À l'exception de Paul Cartier (1927), aucun diplômé du Département qui n'avait pas effectué des études supérieures au Département ou à l'étranger ne sera promu à un rang plus élevé que celui de chargé de cours (auquel avaient été nommés Gaston Gosselin, M.D. (1934), le père J. Asselin, c.s.v. (1935), Claude Cartier (1937), Roger Lamontagne (1937), Philippe Montpetit, chimiste à la S.A.Q. (1937) et Rachel Robert, la première femme à remplir une charge professorale au département (1943)).

Le corps professoral comprend à l'heure actuelle 4 professeurs titulaires, 10 professeurs agrégés et 7 chargés de cours, soit un total de 21 professeurs, dont 14 professeurs de carrière qui consacrent tout ou une partie de leur temps à l'Institut de chimie; la plupart ont fait des études complémentaires dans une université autre que l'Université de Montréal, en France, en Suisse, aux États-Unis ou au Canada. (Dr. Baril, L'institut de chimie, Action Universitaire, Vol. 11, pages 84-89, 1945)

La situation financière des institutions de haut savoir, le morcellement de leur budget et la compréhension qu'elles montraient vis-à-vis de la dispersion des énergies de leurs professeurs favorisaient le cumul des fonctions et n'étaient pas favorables à la création d'un corps professoral de carrière, à plein temps dans un département. Leurs activités scientifiques et professionnelles étaient donc dispersées dans plusieurs départements, facultés ou écoles, même pour ceux que l'on considérait comme des professeurs de carrière. Toutefois, même si leurs activités étaient dispersées, on peut considérer que les professeurs Baril, Barré, Cartier et Lortie étaient à plein temps à l'Université.

À partir de l'année 1951, on utilise le titre d'assistant professeur pour une personne engagée à plein temps au service de l'Université; il est distinct de celui de chargé de cours qui prend alors toute sa signification.

Dans la période d'émancipation et d'expansion, les chargés de cours (à l'exception de Roger Goudreau (cours sur les brevets)) disparaîtront au profit des professeurs de carrière plein temps comme Marcel Rinfret (1942), Henri Favre (1952), Hubert Daoust (1954), Camille Sandorfy (1954), Marcel Bourgon (1952), Walter H. Heumann (1953), Roland Rivest (1952), Casimir Berse (1956), Donald Patterson (1956), Jean-Claude Richer (1957), Yvon Sicotte (1957), Robert L. Benoit (1961), Normand Dufort (1962), Denis Gravel (1964), Miklos Zador (1964), Maurice Abraham (1965), Sandor Fliszar (1965), Yves Rousseau (1965), Théophile Theophanides (1965), André Beauchamp (1968), Gilles Durocher (1968), Stephen Hanessian (1968), Maurice St-Jacques (1968), François Brisse (1969), Robert H. Marchessault (1969) et Jacques Prud'homme (1969) qui formaient le noyau d'enseignants qui ont permis de faire la consolidation et la rationalisation, basées sur les acquis, qui s'amorçaient avec le début du troisième quart de siècle.

La création des CÉGEP au Québec, en 1967, a eu pour effet de porter l'enseignement de la première année universitaire de chimie dans les collèges de sorte que, seules les deuxième, troisième et quatrième années du système universitaire hors Québec sont présentement sous la responsabilité du Département de chimie. L'enseignement de cours de chimie à des grands groupes d'étudiants de diverses orientations est presque absent, ce qui a eu comme conséquence directe de freiner la croissance du département, par rapport aux grandes universités canadiennes hors Québec. (RAÉDCUM, page 4)

Dans le dernier quart de siècle, alors que les nominations et les promotions se faisaient selon des règles définies par la F.A.S., dans un contexte de syndicalisation des professeurs, le nombre des professeurs s'est maintenu autour de vingt-quatre entre 1970 et 1987. Les départs et l'expansion récente ont permis d'engager les nouveaux collègues suivants qui guideront le Département dans le vingt-et-unième siècle: Michel Bertrand (1977), Tucker Carrington (1988), André Charette (1992), Marius D'Amboise (1973), Hermann Dugas (1970), Thomas Ellis (1985), Richard Giasson (1990), Yvan Guindon (1987), John Gunn (1994), Joseph Hubert (1974), Michel Lafleur (1990), Mario Leclerc (1989), Donald Leech (1994), William Lubell (1991), Christian Reber (1991), Benoit Roux (1992), Dennis R. Salahub (1976), Karen Waldron (1994), James D. Wuest (1981), Davit Zargarian (1992) et Julian Zhu (1992).

La recherche et son évolution

Durant les vingt années qui ont suivi la création du Département, les conditions matérielles n'étaient pas très appropriées au développement d'activités de recherches. À l'exception du Frère Marie-Victorin, les professeurs fondateurs de la Faculté et du département, tout en étant dévoués et correctement formés pour l'époque, n'avaient pas choisi la voie de la recherche. Les premiers professeurs à détenir des doctorats et susceptibles de faire de la recherche seront successivement monsieur Riou, messieurs Barré et Labarre (qui sont à la fois chimistes et pharmaciens et qui partageront leur temps entre ces deux facultés) et monsieur Lortie. Leurs retours au pays s'étaleront de 1927 à 1932.

Le groupe de chimistes des Hautes Études Commerciales (équipe du professeur Riou) sera le premier à produire des résultats donnant lieu à des thèses de doctorat à contenu complètement canadien qui seront soumises successivement par Fernand Corminboeuf (1933), Joachim Delorme (1937), le frère Hormidas, I.C. (1938), Pierre Antoine Bérard (1939), Gérard Delorme (1939) et le frère Sylvestre Crète, c.s.c. (1942). Les travaux de l'équipe du professeur Barré, installée au Département, commenceront à paraître avec la thèse de Lucien Piché (1940). Les conditions se sont maintenant suffisamment améliorées pour qu'un démarrage sérieux de la recherche se produise enfin.

Grâce à des dons et à des subventions que l'Institut de chimie a reçus en ces dernières années, du Laboratoire Nadeau Ltée, des Laboratoires Poulenc Frères et de la maison Ciba, et, à des bourses du Conseil National de Recherches et de la Canadian Industries Limited, plus de douze chercheurs étudient actuellement des problèmes d'actualité. (Dr. Baril, L'Institut de chimie, Action Universitaire, Vol. 11, pages 84-89, 1945)

Avec le développement d'un corps professoral de carrière à plein temps, cette composante de la vie du Département a connu une explosion qui a permis de le placer parmi les grands centres de recherche en chimie du pays. Le département a été fondé par des chimistes organiciens; cette tradition s'est maintenue et une partie importante des travaux de recherches est orientée vers des molécules organiques. La chimie physique, la spectroscopie et la chimie théorique forment des parties d'un autre ensemble important des travaux de recherches effectués au Département. La chimie analytique, la diffraction des rayons X et la chimie inorganique forment l'autre secteur important du Département.

Aujourd'hui, la population d'étudiants aux études supérieures, environ 110 à 120 étudiants, est considérable, compte tenu du nombre de professeurs et de la comparaison avec les autres départements de chimie d'universités canadiennes. (RAÉDCUM, page 51)

De plus, cette année, il y avait 59 assistants de recherches et chercheurs postdoctoraux au Département, soit un rapport de 2,1 par professeur. L'augmentation du nombre de chercheurs postdoctoraux et des assistants de recherche permet d'augmenter la qualité de la recherche, la productivité de la recherche et favorise l'encadrement des étudiants de maîtrise et de doctorat. De plus, la disponibilité de ce type de personnel de recherche devrait permettre de réduire la durée de la formation des étudiants de maîtrise et de doctorat. (RAÉDCUM, page 56)

Les subventions obtenues par les professeurs ont subi une croissance régulière, malgré la conjoncture difficile des dernières années, pour atteindre $4,452,000 en 1990/91. Le Département possède une infrastructure instrumentale de haut calibre et un support technique adéquat. (RAÉDCUM, page 4)

Enfin, les chercheurs et les professeurs du Département collaborent déjà avec des chercheurs d'autres départements et unités de l'Université et à l'extérieur de l'Université. Ces collaborations sont principalement orientées vers l'industrie pharmaceutique qui est importante dans la région de Montréal ainsi que diverses agences gouvernementales (Environnement Canada, Ministère de l'Environnement du Québec) et paragouvernementales (Hydro-Québec).

Conclusion

Le Département de chimie, créé il y a soixante-quinze ans avec trois professeurs à temps partiel et une première promotion de deux étudiants, s'est développé en une unité d'enseignement et de recherche qui:

  1. comprend 31 professeurs à temps plein, deux professeurs détachés à des tâches administratives, un professeur associé et un professeur émérite qui peuvent compter, pour les soutenir, sur quarante et une personnes ayant des fonctions de chimiste, commis, chef de laboratoire, ingénieur, technicien en électronique ou en mécanique, secrétaire, technicien de laboratoire, souffleur de verre, secrétaire administrative, commis magasinier, agent de recherche ou autre;
  2. compte aussi 59 assistants de recherches et chercheurs postdoctoraux;
  3. décerne en moyenne 60 baccalauréats spécialisés, 20 maîtrises et 10 doctorats par année;
  4. occupe 6810 m2 de surface dans le bâtiment principal de l'Université;
  5. compte sur un budget qui dépasse les $4 000 000.

La période d'induction a été longue. L'expansion qui s'est amorcée en 1951 a été foudroyante. La consolidation basée sur les acquis qui s'est effectuée dans le troisième quart de siècle s'avérait nécessaire.

Il ne reste plus qu'à espérer que, la consolidation étant terminée, les vingt-cinq prochaines années verront le département reprendre son envol.

Bonne chance à ceux qui porteront le flambeau.

Annexe 1

Liste des abréviations utilisées dans ce document

  1. HFMUM, Denis Goulet, Histoire de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal 1843-1993, VLB éditeur, coll "Études québécoises", 1993
  2. PVCEUM, procès-verbaux de la Commission des Études de l'Université de Montréal
  3. PVCEXUM, procès-verbaux du comité exécutif de l'Université de Montréal
  4. PVCFMUM, procès-verbaux du Conseil de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal
  5. PVCFSUM, procès-verbaux du Conseil de la Faculté des sciences de l'Université de Montréal
  6. PVCGUM, procès-verbaux du Conseil des Gouverneurs de l'Université de Montréal
  7. RAÉDCUM, rapport d'auto-évaluation du Département de chimie de l'Université de Montréal (Mars 1992)

Annexe 2

Liste de noms de personnes ayant occupé une charge professorale au Département de chimie de l'Université de Montréal depuis sa création

  1. Abraham, Maurice
  2. Asselin, le père J, c.s.v.
  3. Baril, Georges Hermyle
  4. Barré, Roger
  5. Beauchamp, André
  6. Benoit, Robert L.
  7. Berse, Casimir
  8. Bertrand, Michel
  9. Boulay, Robert
  10. Bourgon, Marcel
  11. Bouthillier, Louis-Philippe
  12. Bouziane,
  13. Brisse, François
  14. Carrington, Tucker
  15. Cartier, Claude
  16. Cartier, Paul
  17. Charette, André
  18. Clerc, P
  19. Courtemanche, abbé
  20. D'Amboise, Marius
  21. Daoust, Hubert
  22. Delorme, Joachim
  23. Delorme, Gérard
  24. Depocas, Florent
  25. Deslongchamps, Pierre
  26. Dufort, Normand
  27. Dugas, Hermann
  28. Durocher, Gilles
  29. Ellis, Thomas
  30. Favre, Henri
  31. Flahaut, Jean
  32. Fliszar, Sandor
  33. Freppel, Christian
  34. Gagnon, Arthur
  35. Gendron, Pierre R.
  36. Giasson, Richard
  37. Gosselin, Gaston M.D.
  38. Goudreau, Roger
  39. Goulet, Christiane
  40. Gravel, Denis
  41. Guindon, Yvan
  42. Gunn, John
  43. Hanessian, Stephen
  44. Heumann, Walter H.
  45. Hubert, Joseph
  46. Jankowski,
  47. Labarre, Jules
  48. Lafleur, Michel
  49. Lamontagne, Roger
  50. Laniel, Hubert
  51. Leclerc, Mario
  52. Leech, Donal
  53. Lemay, Lionel
  54. Lortie, Léon
  55. Lubell, William
  56. Marchessault, Robert H.
  57. Marion, Léo
  58. Montpetit, Philippe
  59. Morin, le père Louis-Joseph, c.s.v
  60. Nadeau, Hervé
  61. Papineau-Couture, Gilles
  62. Patterson, Donald
  63. Payen, Roger
  64. Perron, Yvon
  65. Piché, Lucien
  66. Pierre-Pierre, Marc
  67. Préfontaine, Georges
  68. Prud'homme, Jacques
  69. Reber, Christina
  70. Richer, Jean-Claude
  71. Rinfret, Marcel
  72. Riou, Paul
  73. Rivest, Roland
  74. Rivet, Ernest
  75. Robert, Rachel
  76. Rousseau, Yves
  77. Roux, Benoit
  78. Salahub, Dennis R.
  79. Sandorfy, Camille
  80. Sicotte, Yvon
  81. Soucy, Roméo
  82. St-Jacques, Maurice
  83. Steyermark, Paul
  84. Temler, Jan
  85. Theophanides, Théophile
  86. Touzain, P
  87. Waldron, Karen
  88. Wuest, James D.
  89. Zador, Miklos
  90. Zargarian, Davit
  91. Zhu, Julian

Remerciements

L'auteur tient à exprimer sa reconnaissance aux membres du personnel du service des archives de l'Université, en particulier à monsieur Denis Plante, qui lui ont facilité la consultation des documents appropriés à ses recherches et aux membres du personnel du registraire, en particulier à monsieur Claude Larouche, qui ont bien voulu lui fournir les données statistiques sur les divers diplômes décernés depuis 1947. Il tient aussi à exprimer sa reconnaissance aux professeurs Jules Labarre, Joachim Delorme et Marcel Rinfret qui ont bien voulu partager avec lui une partie de leurs souvenirs relatifs aux périodes qu'ils ont vécu dans notre Département ou aux périodes pour lesquelles ils avaient obtenu des témoignages de première ligne; à madame Lucille Baril (B.Sc., 1946) et à monsieur Claude Baril, fille et fils de Georges Hermyle Baril, qui ont eux aussi accepté de mettre à sa disposition les renseignements et documents accumulés sur les principales activités de leur père dans notre Université; à madame Lucien Piché pour les renseignements qu'elle a bien voulu mettre à sa disposition; à tous les collègues du Département et aux membres de notre personnel de soutien qui ont bien voulu lui assurer leur support durant la préparation de ce document.

Pour commentaires ou information : chimie@umontreal.ca
Page mise à jour le 13-déc-10

 

Département de chimie - FAS / Université de Montréal